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Communiqué de M. Steeve Briois


Braderie d’Hénin-Beaumont : la décision du maire

La décision a été longue, dure et douloureuse à prendre. C’est pourtant la mort dans l’âme que nous devons nous résoudre à annuler la traditionnelle braderie du centre-ville et de la gare prévue initialement le 11 septembre 2016.

Jusqu’au bout, toutes les possibilités et tous les scénarios auront été étudiés, mais les préconisations préfectorales, bien que justifiées pour assurer une sécurité optimale, rompaient beaucoup trop avec l’esprit de convivialité et joie qui a toujours animé cette braderie : réduction de l’espace, fermeture d’un maximum d’accès, stationnement des véhicules à l’extérieur, sécurité privée, policiers nationaux avec fusils mitrailleurs, détecteurs de métaux, barriérage massif avec plots béton…

Personne ne peut imaginer notre braderie traditionnelle avec 18 des 21 points d’entrée fermés, des palpations et contrôle d’identité aux 3 restants et l’impossibilité pour les riverains et les bradeux de maintenir leur véhicule dans le périmètre.

Tous ces éléments ont donc été mis dans la balance, mais le coût total nécessaire à la tenue de cette braderie aurait alors frôlé les 100 000 euros : en période de crise, durant laquelle beaucoup de nos concitoyens et compatriotes vivent dans la précarité et la misère, cela me paraît fou et indécent.

Si certaines villes aux alentours décident de maintenir les évènements de ce genre, elles le doivent surtout à une moindre fréquentation attendue, une configuration urbaine bien plus simple que la nôtre et donc un coût de sécurisation bien inférieur, à leurs risques et périls.

Si les services préfectoraux nous ont prêté une écoute et une attention totale, nous ne pouvons que mettre en cause ce gouvernement et ceux qui les ont précédés. Ce sont eux qui ont permis à la menace terroriste d’exister et qui sont aujourd’hui totalement incapables d’aider les collectivités locales. Quand on en est à proposer à une municipalité la présence de la police nationale…sur facture et moyennant 6000 euros, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle. Le gouvernement n’ose même pas annuler les manifestations, il laisse la charge aux exécutifs locaux et aux municipalités d’effectuer le sale boulot et d’en assumer les conséquences.

Après des semaines de concertation avec les services de l’Etat, après avoir consulté de nombreux responsables associatifs et les commerçants, il apparait effectivement impossible, compte tenu de la configuration de notre centre-ville, d’assurer la sécurité totale des exposants et bradeux qui reviennent depuis quelques années en masse.

Certains diront que c’est donner aux terroristes ce qu’ils veulent, mais ce qu’ils veulent, c’est avant tout notre destruction, charnelle et spirituelle. Comme d’autres maires en France et dans notre région, je ne pourrais me regarder dans une glace si un seul de mes concitoyens venait à être blessé ou pire parce que nous aurions voulu maintenir par orgueil une manifestation qu’il ne nous est pas possible de sécuriser totalement.

La somme qui n’aura pas été investie dans cette manifestation tant attendue nous permettra tout de même d’assurer la sécurisation d’autres manifestations à venir, et de préparer une braderie 2017 dans des conditions que nous espérons débarrassées d’une menace terroriste contre laquelle nous demandons toujours et encore des mesures fermes et définitives.

Steeve Briois,
Maire de Hénin-Beaumont